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    June 11

    Laura, votre envoyée spéciale - et fabuleuse - au procès Colonna. (3)

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    M’imaginer à court d’excuses serait une faiblesse de votre part, sachez-le, et gardez-le pour acquis.


    J’ai peur du coiffeur.

    Chacun de mes rendez vous se clôt sur une amputation post traumatique, engendrant torrents de larmes et montagnes de pépitos, aussi espace-je les visites.

    Mais, inéluctablement, vient le moment où le sobriquet de Dalida devient  un fardeau trop lourd à porter. Il est alors inutile de demander pour qui sonne le glas : il sonne pour moi.

     Cette année, forte de mes dramatiques expériences capillaires passées, je décidai de me rendre dans une école de coiffure. Quitte à se faire massacrer, autant payer 5 euros.

     

    La coiffeuse surgit de derrière son lavabo, l’œil vitreux, mais le cheveu frétillant. Blond dessus, noir dessous, les deux couleurs se mêlant approximativement dans un imposant dégradé à la Robert Plant, que pas même Stairway to Heaven n’aurait pu justifier.

    Elle est bientôt rejointe à la vasque par son mentor : carrure d’asticot, peigné d’un carré gras et ondulé. Ma peine à le décrire m’a conduite à entreprendre quelques recherches afin de vous fournir un visuel. C’est ainsi que je connus l’existence de Benjamin Galopin, coach de top models sur M6.


    Glacée d’effroi par cette terrible double-vision, je fis front à leur rhétorique - « les cheveux longs, ça fait lycéenne de 12 ans au café philo ; ça te donne aucun style, il faut exploiter ton capital » - et parvins à leur exposer mon aversion pour les coupes emo/kikoulol/tecktonique, les jean slim et Robert Pattinson ; qu’à 16 ans, j’avais les cheveux rouges et écoutais Guns’n’roses, mais que j’étais désormais bien trop vieille pour ces conneries.

    Non seulement ils ne m’entendirent pas, mais je présume qu’ils le prirent personnellement.

    En plus d’être mal peignés et malpolis, ils firent fi de mes couinements désespérés – nonnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnméjaidiquelespoiiiiiintes – et se livrèrent à un véritable génocide capillaire.

     

    Défigurée, meurtrie, je me fis alors maintenir dans un coma artificiel – la douleur était trop grande, toutafé.

    C’est désormais partiellement rétablie – j’ai toujours le cheveu plat, asymétrique et  anarchiquement rebiqué – que je clos mon affaire Colonna.

     

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    Avant.                                              Après.



    Terrassée d’inanition, je constatais l’ubiquité du jambon dans les sandwichs de la cafet du Palais de Justice, et me rabattais sur des madeleines sous vide, [respirez] dont la seule vision aurait horrifié Proust à un point tel qu’il n’aurait jamais écrit, dispensant conséquemment les lycéens de longues heures d’ennui et de confrontation à une temporalité vide – poil au bide.

    A part ça, nous avons été éclairés sur le fonctionnement de la DNAT (c’est la CTU française, mais sans Jack Bauer. Française, quoi.).

    Apprenez que les employés y chassent les membres de l’ETA et d’Al Quaïda avec des filets à papillons, et les invitent à boire de la limonade à la grenadine. Les terroristes, coopérants, avouent tous leurs méfaits, sans contrainte aucune, avant de sautiller gaiement jusqu’à la jolie prison, où ils vont réfléchir, quelques temps, aux conséquences de leurs actes, avant de réintégrer la société – poil au petit poney.

    C’est de cette manière que se sont déroulés les interrogatoires de Mme Alessandri – épouse de Mr Alessandri, tueur autoproclamé du préfet.


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    Mr Alessandri.          Mme Alessandri.

     

    « Elle a beaucoup parlé, sans contrainte. Sa déclaration était spontanée, ça s’est passé d’une manière tout à fait normale ».

     « Son mari partait souvent la nuit, sans rien lui dire, et le lendemain, elle apprenait dans les journaux qu’il y avait eu des attentats. Mais elle n’a jamais osé rien lui demander. Il était mari la journée, terroriste la nuit, même qu’on a retrouvé une Batmobile dans son local de distillerie d’herbes aromatiques ».*

     * Bon ok, la Batmobile c’est de moi. Le reste, c’est du Mr de la DNAT chargé des interrogatoires de Mme Alessandri.


    (Sinon, Mme Castella avait également « beaucoup parlé », et balancé son mari. Sauf qu’il a finalement été acquitté, parce qu’il n’a jamais participé à l’assassinat.

    M’enfin bon).

     

    Finalement, Colonna a décidé de ne plus cautionner cette mascarade, cette parodie, cette honte faite à la Justice.

    Il est parti.

    Moi aussi.

     

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    April 08

    Laura, votre envoyée spéciale - et fabuleuse - au procès Colonna. (2)






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    Le procès est terminé, ce qui laisse peu de place au suspense, je vous l’accorde.

    Mais y en a t-il jamais eu ? Pas le moindre, vous répondrais-je - avec mauvaise foi, certes -  mais avec objectivité, surtout.

     

    J’ai tiré les conclusions de mon désastreux premier jour d’investigation : le Seigneur ne veut pas que j’aie des réveils matinaux, et je m’engage solennellement à ne plus aller à l’encontre de ses divines volontés, tout à fait.

    Je me suis donc rendue au procès à 13h30, et ne tiendrait aucunement compte de vos railleries. Je suis au dessus de ça.

    Point procès :

     

    La piste agricole.

     

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    Lorsque le préfet Erignac a été assassiné, l’enquête de Mr Marion s’est tout d’abord dirigée sur ce qui sera appelé la piste agricole.

    Mr Garaccio faisait alors partie des suspects.

     

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        Mr Marion                   Mr Garaccio.

     

    Il a été mis en garde à vue, puis relâché, les interrogatoires n’ayant mené à rien de concret. Quelques temps plus tard, son domicile a été fouillé, sans résultats.

    Mr Marion lui a alors dit qu’il « ne pouvait pas repartir bredouille, il faut [que je trouve] des explosifs ».

    Suite à quelques menaces de routine – femme inculpée pour complicité, mioches à la DASS – il a convenu de fournir des explosifs à Mr Garaccio, et lui a demandé de les déposer à un endroit précis.

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    Explosifs.

     

    Mr Garaccio s’est donc exécuté le soir même, pour que les explosifs puissent être retrouvés le lendemain matin.

    Le but de l’opération était de faire tomber Mr Finidori, qui est resté 18 mois en prison, alors qu’il n’avait rien à voir avec l’assassinat de Mr Erignac.


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    Mr Filidori.

    Sinon, Jean-Guy Talamoni m’a piqué ma place, alors qu’il n’avait même pas fait la queue à l’entrée, et qu’en plus, il est moche.










    March 19

    Laura, votre envoyée spéciale - et fabuleuse - au procès Colonna. (1)

     

     

     

     

     

     

     

    Bon. Vous aurez très certainement déduit de cet inquiétant silence que wordpress et moi connaissons quelques incompatibilités d’humeur. Sans doute même avez-vous pouffé en apprenant mon ambition de créer un blog. Perfides lecteurs.

     

    En bref, mon hermétisme face à un feuillet de style CSS s’éternisant quelque peu, j’ai pris la ferme décision de continuer à publier mes billets ici, en attendant qu’une âme charitable et compétente s’émeuve de ma situation et me fasse mon thème – pitié.

     

    Ce projet  abandonné, les enseignants chercheurs feignasses en grève – pensiez vous sérieusement que je projetai d’entamer un doctorat par simple passion livresque ? je ris – le shopping relégué au rang de lointain souvenir, et ma prof d’hébreu s’élevant au rang de connasse suprême - ce qui n’a aucun rapport, mais il fallait que ce soit dit – me voilà donc libérée de toute contrainte.

    SI, j’en ai.

     

     

     

    J’aurais pu feignasser, manger des gâteaux, regarder des séries débiles, les trois en même temps, oui, j’aurais pu.

    Mais je vais vous épater – parfaitement – car, animée par un grandiose élan citoyen, j’ai entrepris de suivre le procès Colonna.

    Et me suis levée à 7 h du matin.

    Eh ouais.

     

    Et au-delà de l’opinion libre et personnelle que cette initiative était supposée m’apporter, j’ai eu l’agréable surprise – mais en est-ce vraiment une ? – de constater que ma malédiction poissarde était toujours là, présente, pesante, abominable.

    Le procès débutait à 13 h 30.

    Courageuse, persévérante, fantastiquement belle – je vous pisse à la raie : c’est mon texte, j’y raconte ce que je veux – j’ai attendu.

    Le temps passait lentement, la faim me rongeait terriblement, je m’interrogeais anxieusement : ce projet allait-il être aussi désastreux que tout ceux entrepris jusqu’alors ? Allais-je, de ce fait, le tuer dans l’œuf et lui préférer la feignantise et/ou les gâteaux et/ou les séries ? Allais-je survivre à mon réveil auroral ? Comment se traduit « connasse », en hébreu ?

    Finalement, le procès fut suspendu. Malédiction poissarde, présente, pesante, abominable. 

     

     

     

    En tous cas, j’espère que Colonna est innocent.

    S’il s’avérait que je me sois levée à 7h pour un assassin, je n’hésiterai pas à lui envoyer mes feuillets de style CSS.

    Non, je n’aurai pas peur, et ne reculerai pas.

     
     
     
     

    January 20

    Le sort de la poisse.



    Il y a un an, j’emménageai à Paris et suivais un stage dont je pense voir suffisamment geint dans ce blog, qui a rendu irréversible mon aversion au monde du travail et a définitivement réduit à néant ma foi en l’espèce humaine.

    A défaut de susciter une quelconque vocation, il a révélé chez moi une profonde addiction à facebook et ses tests crétins. C’est de cette manière que j’ai appris que si j’étais une princesse Disney, je serai Pocahontas, que le Monsieur Bonhomme qui me ressemblait le plus était Madame Bavarde, qu’il ne me restait que 56 ans à vivre, que dans une vie antérieure, j’étais un chat, et – j’y viens- que pesait sur moi « le sort de la poisse ».  Quelle surprise.


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    Le fait est que ce dernier quizz – aussi peu mystique soit-il – m’a amenée à considérer sous un jour nouveau les récents évènements survenus dans mon quotidien.

    Tout a commencé cet été.

    J’ai commandé une robe sur La Redoute, qui est arrivée à Paris alors que j’étais en Corse, que j’ai recommandée, qui est arrivée une taille au dessus, que j’ai recommandée, qui est arrivée d’une couleur différente, que j’ai recommandée, qui n’est jamais arrivée.

    Peu après ce deuil vestimentaire, j’ai dû quitter piscinette chérie pour passer un examen de rattrapage à Paris – car lorsque vous choisissez de rendre votre mémoire en septembre, vous devez repasser les matières où vous n’avez pas eu la moyenne, chose dont on vous informe généralement aux alentours du 2 septembre. J’avais eu un 9, j’ai donc fait l’aller-retour, ce qui m’a coûté 200 euros le point. J’ai de nouveau eu  9.

    Après quelques semaines de ruminage et de médisances sur la prof – cette vieille salope – je suis retournée à Paris. Enfin. J’ai tenté.

    Le carburant de l’avion étant « inutilisable », nous avons dû faire escale à Nice, pour un total de 4heures de vol - sans sandwich, mais dois-je vraiment le mentionner ?

    C’est à près de minuit que je suis arrivée devant mon porche, avec mon excédent bagage de 15 kilos.

    Vous croyiez que c’était fini ? Moi aussi.

     

    C’est avec un mélange de résignation et de désespoir que je me suis aperçue que le code d’entrée de l’immeuble avait été changé pendant mon absence.

    Décidant fermement de contrer la poisse par ma seule volonté, j’ai tour à tour appelé la police, hurlé, simulé un malaise, donné des coups de pieds dans la porte, et finalement jeté un briquet sur le volet d’un appartement éclairé.

    Et c’est avec un mélange de haine et d’abomination que je me suis aperçue que les voisins sont des créatures tout à fait méprisables.

    La lumière s’est soudainement éteinte, j’ai entendu la fenêtre s’ouvrir, j’ai expliqué ma situation, j’ai entendu la fenêtre se refermer : ma connasse de voisine a disparu dans les profondeurs de son appartement de vieille bique jusqu’à ce que je l’en fasse émerger, le lendemain, pour lui exprimer toute ma gratitude, avec toute la courtoisie que la situation requérait, vous pensez bien.

     

    Suite à cette mésaventure, j’ai jugé qu’il était indubitablement plus sage de m’enfermer chez moi, et de jouer à Tomb Raider – jeu vidéo que j’adule depuis mes 11 ans, et dont chaque sortie de nouvel opus me rend quelque peu hystérique.

    Comment vous amener ça. Deux jours avant la sortie du jeu, j’ai appris qu’il était repoussé de deux mois sur Playstation 2 – j’ai uniquement la PS2. Evidemment.

    J’ai alors entrepris de mettre mon PC d’actualité en acquérant une nouvelle carte graphique. Je me permets de faire une ellipse sur l’épisode des vendeurs chinois de Montgallet – « ah ben il faut changer le pc, on en a des très bien à 350 euros / si vous changez la carte graphique, il faut changer le processeur, ça coûte 700 euros, et autres innombrables http://btfesw.bay.livefilestore.com/y1pUDiOLxGu4k7Vhpve72Zh30Cbvs_5cGCaC51TLo2bF-BNCX95bd90eZyUIcttYcbol4aVRcOvA-seosyZeAaHkw/chin.JPG, dont je n'ai pas saisi la signification, mais qui devaient très certainement m'inciter à la consommation, alors qu'ils mangent du chien, faut pas déconner.

    J’ai finalement atterri chez Surcouf. J’en ai eu pour 50 euros. En déduire que les chinois de Montgallet sont des escrocs est un raccourci que je prends sans aucune réserve.

     

    Bref. Moult vissages plus tard, je rebranche mon pc, et ne rebranche pas l’écran, parce que je viens de m’apercevoir que la prise est cassée, et que le câble n’est pas indépendant.

    Un nouvel écran et 150 euros plus tard, je presse le bouton de démarrage. Le logo windows apparaît.

    A l’heure où je vous parle, le logo est toujours là, figé, depuis une semaine. D’après plusieurs diagnostics, ma carte graphique était déjà grillée avant même que je ne l’installe. J’ai raté mon train, et le bouchon de mon pot de poivre vient d’exploser précisément au dessus de ma crêpe aux St Jacques Picard.

    Je suis lassée.

     * Une excellente année 2009 à tous !!! *
    Une petite annonce:
    ce blog n'ayant plus d'espace,
    il faut que j'en ouvre un autre:
    tout conseil sera le bienvenu !







    November 19

    Résumé de l'été de moi.



    Me voilà de retour, avec ma légendaire assiduité et un temps de merde – réchauffement climatique, mon cul. Pardon Maman. Les pulls, ça me gratte, et conséquemment, ça me rend vulgaire.

    Aussi, dans le but d’éviter un flot de grossièretés, il paraît judicieux de revenir sur les flots de ma piscine - que c’est joliment dit, n’est-ce pas.

    Je vous propose donc un récapitulatif de ces longs mois d’absence.

     



    -          J’ai bronzé (beaucoup).

    -          J’ai sauvé un lézard et un milliard de coccinelles, de guêpes et de sauterelles de la noyade.

    -          Je me suis verni les ongles en rose fluo. Maman a râlé.

    -          J’ai envoyé des mails (beaucoup) à mon directeur de mémoire, qui semble m’avoir classée dans les spams, avec ebay et la redoute.

    -          J’ai dormi dans une bouée géante.

    -          Au restaurant, Maman et moi avons commandé des crabes farcis en entrée et des feuilletés à la crevette en plat principal. Comme nous n’avions plus faim, et que le fait de jeter une crevette aurait été criminel, nous avons mis les feuilletés restants dans mon sac à main – et nous n’avons pas honte.

    -          J’ai trouvé deux tortues. Je leur ai mis du vernis à ongles.

    -          J’ai mangé des glaces à la poire, au cacao, au yahourt et au kinder avec mes topines.

    -          Je me suis baignée dans une eau à 18°C.

    -          J’ai chopé la crève. Bizarrement.

    -          J’ai pleurniché 2 mois devant mon sujet de mémoire.

    -          Au mois de juillet, je suis allée à la plage – la piscine était vide, j’avais chaud. Deux horribles monstres sans cous – des enfants – ont envoyé du sable sur ma serviette, je les ai engueulés, les parents m’ont regardé d’un air offusqué, je les ai toisés avec mépris, j’étais ravie. Poil à la contraception.

    -          Je me suis demandé si le carré plongeant m’irait bien. J’hésite toujours.

    -          Jean-Pierre Virgule a mangé de la salade.

    -          Je me suis dit un million de fois « il faut que je commence mon mémoire » avant de regarder un épisode de House. Bon. Quatre épisodes de House.

    -          J’ai rencontré une dame qui vend des produits Chanel à –70% dans une roulotte, et je me fous complètement des moyens qu’elle a utilisés pour se les procurer. Voyez vous, à 5 euros le vernis à ongles, ma conscience civique se voit considérablement amoindrie. A la vue des pleines caisses de parfum et de maquillage bradés, j’ai compris ce sentiment que Neil Armstrong a ressenti en marchant sur la Lune : l’extase.

    -          Je me suis dit un milliard de fois «  il faut que je fasse des abdos », avant de manger un pépito. Bon. Quatre pépitos.

    -          Je me suis acheté des converses rose malabar, et je n’ai pas honte.

    -          J’ai dormi sur un transat.

    -          Maman a réquisitionné mon butin Chanel : « Je t’ai donné la vie, tu peux quand même me donner un rouge à lèvres ».

    -          J’ai nagé 22 mètres sous l’eau. J’ai failli mourir.

    -          J’ai haï ma collègue de travail – non, vous n’y échapperez pas, je vais m’en plaindre.

    -          Leeloo a attaqué un tiroir. Vous ai-je déjà parlé de Leeloo, mon chat autiste ?

    -          J’ai du rédiger mon mémoire en deux semaines, parce que j’avais pleurniché devant pendant deux mois. 

    -          J’ai adopté une couleuvre que j’ai appelée Caroline, Maman a râlé.

    -          J’ai dormi sur un matelas pneumatique.

    -          Mon cousin m’a brossé les dents avec une brosse à chaussures et du savon de Marseille, et m’a coiffée avec un balais de piscine.

    -          J’ai trouvé une coccinelle GÉANTE dans ma piscine, mais personne ne veut me croire.

    -          J’ai sauvé deux lézards et une souris des griffes de Jean-Pierre Virgule.

    -          J’ai adopté un hérisson que j’ai baptisé David Croquette. Maman a râlé.

    -   J'AI DOUBLE UNE VOITURE. A 60km/h.

    -          J’ai nourri des biches.   http://byfiles.storage.live.com/y1pMquIXz4InTvJrbufO_Geu17JAlNxuQ61YN5t8VjDg2-ma7L8hsHDn1k-KbdUresu

    -          Je me suis aperçue qu’on pouvait entendre la mer en écoutant dans un cannelloni cru. Vous ricanez, mais je suis sûre que vous allez essayer.

    -          Leeloo a tenté de me manger parce que je ne voulais pas lui donner de mon sandwich. Leeloo souffre également de boulimie.

    -          J’ai libéré 3 libellules de toiles d’araignées.

    -          J’ai nagé avec une grenouille.

    -          J’ai fait 50 abdos. Par jour. Par semaine. Par mois. Par trimestre.

    -          J’ai fait du rodéo sur une baleine gonflable.


     

     

    Vous pourriez, au vu de mes activités estivales, penser que je n’ai fait que dormir, flotter, manger, geindre, glousser et secourir des bébètes.

    Bien qu’il y ait une certaine part de vérité dans cette appréciation, elle en demeure néanmoins réductrice.

    Car, durant ces quatre mois, j’ai longuement médité. Je me suis penchée à la fois sur la définition du bonheur, et sur mon projet professionnel. Et ces deux axes de pensée ont convergé en un mot :



     

    COCOTIER.


     

    (Si, c’est un projet professionnel).

     



    Cela m’a également inspiré une fresque prophétique.


    http://btcpra.bay.livefilestore.com/y1pCGQaRqwXmOI9gjY4M5klLuKqUcj0-fUTejXoiTQNeQej1Bg1IoXo7bS-ZVl6k_MWP7UCC0mcm8s/IMG_0001.jpg




                Sur cette fresque, sauras-tu retrouver :

     

    -          Leeloo, le chat autiste.

    -          Jean Pierre Virgule.

    -          Maman (qui râle).

    -          Moi-même.

    -          Mon cannelloni.

    -          Mon bungalow de vente CHANEL  tout à fait légal.

    -          Ma coccinelle géante.

    -          Caroline.

    -          Les tortues arborant une french manucure.

    -          35°C.

    -          La souris rescapée.

    -          Grugru, ma collègue de travail.

    -          Ma grenouille.

    -          Ma glace poire-cacao-yahourt-kinder-chantilly.

    -          Le lézard sauvé de la noyade et les deux autres des griffes de Jean Pierre Virgule.

    -          Les biches et le bichon.

    -          Le soleil.

    -          Ma bouée multicolore.

    -          David Croquette.

    -          Mon mémoire.

    -          Le cocotier.


      Le gagnant remportera un cannelloni magique.


     





    October 09

    Mémoire



    EXCLUSIVITÉ






    http://byfiles.storage.live.com/y1ps9ZUkdXI8AI_91V0R5L6ghWt1hebIJu1I26JcSZ7M1ev7-9sIiGXw0152qF023-o




    La première photo du mémoire de Laura !




                                                                                                   Il est né le 17.09.2008, la maman est en dépression post-partum.
                                                                                                                                                                                    Étonnant.












    August 12

    Animaux, spécial K et obésité morbide.




    Entre un grand plouf dans ma piscine chérie et un (très) bref pic de motivation concernant mon mémoire, j’ai décidé de vous parler d’une de mes psychoses – cela faisait longtemps : mon amour des animaux.




    Car oui, j’adore les bébêtes.

    Je viens au secours  des souris, oiseaux et lézards victimes de la folie meurtrière de Jean-Pierre Virgule, mon chat ; je sauve de la noyade coccinelles, fourmis et abeilles ; j’ôte délicatement les toiles d’araignées des ailes des libellules pour qu’elles puissent reprendre leur vol ; je nourris les oisillons tombés du nid et les souris habitant mon cellier : je ne ferai – littéralement – pas de mal à une mouche.

    Ayons une pensée émue, à ce propos, pour Adélaïde, feu ma mouche domestique.

    Cet amour est inébranlable : ni le bizutage que me font vivre quotidiennement mes chats, ni mon palmarès de morsures considérable – je me suis faite attaquer par des poissons, des fourmis, un lézard, une souris, un crabe et une autruche (C’est pas drôle. Ca fait mal.) – n’ont su le contrarier.




    Aussi me paraissait-il logique de devenir végétarienne.
    J’ai commencé par cesser de manger des animaux mignons.
    Puis, consciente de l’abominable eugénisme que j’exerçais, j’ai également banni les animaux moches de mon alimentation.

    Cette décision prise, demeurait une question : que manger ?
    J’ai assez rapidement trouvé une réponse à ma question, en même temps qu’un substitut à la viande : le crumble.

     


    Cependant, sans aucune explication plausible, plus ma diète végétarienne se prolongeait, plus mon allure s’assimilait à celle d’un mammifère marin.


    De la silhouette du crustacé à celle du cétacé, il existe de nombreux pas, que j’ai allègrement franchis ; aussi-ai je entrepris de débuter un régime Spécial K : 2 bols, sur 2 repas, pendant 2 semaines.

    A l’inévitable question : « est ce que ça marche ? », je répondrai que mon régime a duré approximativement six heures, et qu’elles ont été les plus éprouvantes de ma pourtant pénible existence.

    Ma vision se brouillait, mes jambes tremblèrent, mon estomac poussait des cris munchiens, une lumière blanche scintillait au bout d’un obscur tunnel.
    J'ingurgitai, chancelante – que dis-je, à l’agonie – une cuillérée de crumble aux fruits rouges, et échappai ainsi à une mort aussi abominable qu’inévitable. 





    Je m’en fous.

    J’aime le crumble. J’aime les mammifères marins.
    Je ne vois pas où est le problème.




    * Un joyeux anniversaire à Marie et à Anaïs ! *



    May 07

    Cheminement réflexif : de l’élection présidentielle aux bistouquettes du Musée Granet.



    Always look on the bright side of life !

    (Monty Python)

     

     


    Quelquefois - mais pas trop souvent - je réfléchis.

    Je m’interroge sur des questions plus ou moins fondamentales, avant d'y apporter - ou pas - une réponse : Comment mettre fin à la misère dans le tiers monde ? Comment faire tomber Kim Jong Il ? Quelles énergies alternatives sont susceptibles de remplacer le pétrole ? La féminité est- elle un facteur culturel ou naturel ? Des rideaux prune ou fuchsia, lesquels sont les plus assortis à mon canapé ?

     


    Le 6 mai 2007, par exemple, j’ai longuement médité, devant une chips, sur un classique de la réflexion : la nature humaine - sujet sur lequel se sont penchés plus grands, dont moi, donc, prout.

    J’ai , cela dit, restreint mon axe d’étude – dans un objectif entièrement qualitatif, vous pensez bien – afin de me focaliser sur le caractère illogique de la pensée humaine.


     


    °°°°°


     

     

    Je vous expose un exemple tout à fait objectif - j’insiste sur le tout à fait.

    Prenez un évènement quelconque. Accordons-nous sur une élection présidentielle.

    Deux candidats – par souci de parité, nous dirons une femme et un homme – s’y présentent.

     

    Note de l’auteur : afin de préserver leur anonymat et de conserver une neutralité impartiale, nous leur donnerons des pseudonymes, rendant ainsi totalement impossible leur identification.

    Farpaitement.

     

     

    D’un côté, nous avons celle que nous nommerons Ségobelle.

    Anonymat, neutralité, farpaitement.

    Ségobelle a de beaux cheveux, Ségobelle a de beaux yeux, Ségobelle a les dents blanches, Ségobelle est grande, Ségobelle est mince : Ségobelle est belle.

    Mais pas seulement.

    Ségobelle est cultivée, Ségobelle a fait l’ENA, Ségobelle lit Victor Hugo, Ségobelle joue du piano : Ségobelle est intelligente.

    Ségobelle, c’est la plus mieux (après ma mère).

     

     

    D’un autre côté, nous avons celui que nous nommerons Sarkrotte.

    Anonymat, neutralité, farpaitement.

    Sarkrotte a un gros nez, Sarkrotte a des petits yeux, Sarkrotte a un sourire inquiétant, Sarkrotte est petit, Sarkrotte est trapu : Sarkrotte est moche.

    Mais pas seulement.

    Sarkrotte est inculte, Sarkrotte est raciste, Sarkrotte est homophobe, Sarkrotte ne lit pas, Sarkrotte cite Johnny et écoute Gilbert Montagné : Sarkrotte est stupide.

    Sarkrotte est le plus pire.

     

     

    Le choix , entre ces deux candidats, semble on ne peut plus évident – n’est-il pas ?

    Mais, contre toute attente, les électeurs préfèrent Iznogoud à Mary Popins.

     

    Face à ce flagrant manque de discernement, la réaction d’individus cérebrés se manifeste de la manière suivante : tout d’abord, ils conviennent qu’il n’est pas possible que les électeurs soient aussi cons. Ensuite, ils acceptent cette idée, avant s’interroger sur les raisons de ce choix.

    Finalement, ils trouvent la réponse : les électeurs ont choisi le candidat qui leur ressemblait le plus.

    Celui qui aime Bigard.

    Que dire.

    Que faire.

     

    Personnellement, le 6 mai 2007, je me suis levée.

    J’ai mangé ma chips.

    Puis, je suis allée au Musée Granet, où j’ai pris en photo toutes les bistouquettes de toutes les statues en marbre.

    Si ça n’a pas fait changer le résultat du scrutin présidentiel, si ça n’a pas pourvu 53% des français d’une cervelle, si ça n’a pas rendu mon avenir moins précaire, et si ça n’a pas fait baisser le prix des impôts, ni celui des raviolis, ça m'a bien fait rigoler.




    * CENSURE *
    Sur les conseils de Vivineo et d'Odysseus, j'ai supprimé les photos de zizis




    °°°°°

     



    Un an plus tard, je suis arrivée à une conclusion partielle de cet exemple illustré: l'humain n'est pas seulement illogique.

    Il est surtout très con.

     

    Une fois cette réflexion faite et admise, je suis allée chanter des compositions d'Enrico Macias et de Mireille Matthieu devant le Fouquets.

    J'ai également opté pour des rideaux prune.

     


    L'image “http://byfiles.storage.live.com/y1pgR4ltEUbI6n8-3aW85CA5PQ7HKrB4xZyBtYGslCDFC-lo7qYoRYLJ2TzB9-wND-5SKWqZyVMMHM” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.


    Note de l'auteur:
    N'ayant d'yeux que pour Christophe Alévêque, je n'avais jusqu'à présent pas remarqué
     la présence du garçon au tee shirt orange, en arrière plan.
    Maudite sois-je.







    May 02

    Très important !




    Les petits chats et les petits chiens, c'est très mignon, vous en conviendrez.
    Et pour nourrir les animaux abandonnés gratuitement, allez, chaque jour, sur ce site:


    http://www.clicanimaux.com/

    C'est trèstrèstrèstrèstrès important.
    Vous serez sanctifié pour cela, sachez le tout de même.

    April 22

    Etape grandement sous-estimée du déménagement: l'installation.




    * Ajout de photos dans le billet sur Londres, et de vidéos dans la rubrique vidéos (si,si) *

     

    Ça y est.

    Vous avez trouvé un appartement viable situé dans un environnement peu hostile, et cela à un loyer parisiennement raisonnable.

    Vous êtes ruiné, certes, mais soulagé : vous voyez là la fin d’un interminable calvaire, semé de logements moches et de refus de dossiers.

    Vous vous imaginez, confortablement lové sur un canapé moelleux, déguster un délicieux croissant devant un bon film.

    Oui, vous imaginez, et vous ne ferez d’ailleurs que ça durant les (très longs) mois à venir.

    Car vous n’avez ni canapé, ni télé à votre disposition ; et les frais d’agence ne vous permettent plus la dégustation de croissants – ni de quoi que ce soit d’autre, d’ailleurs.

    Des meubles, vous en avez. Le problème réside dans le fait qu’ils se trouvent en Corse, et que ledit appartement est situé à Paris. C’est con, si j’ose dire.



    °°°°°



    Vous voilà donc parti en quête du Graal dans les (très) vastes contrées suédoises du royaume d’IKEA.

    Mais le canapé parfait – entendez par là pas trop affreux et à un prix entrant dans les limites du  raisonnable – ne s’offre pas à la vue des lâches et des impies, non. Seules les âmes pures et persévérantes auront le privilège de le voir embellir leur salon et d’y poser leurs fesses – fesses meurtries par de longues semaines de sitting sur un carrelage glacé – aïe.

    La quête s’étend bientôt aux royaumes voisins. Vous parcourez avec une détermination conquérante les étendues de Fly, de Maisons du monde, de BHV et d’Alinéa, et ce à la grande joie de l’âme charitable qui se maudit d’avoir un jour prononcé la phrase ayant précipité sa fin: « Tu veux que je t’emmène à Herblay pour te meubler ? ».

    Au cinquième week-end passé au milieu de cris de mioches traînés de force par leur parents dans les allées ikéennes - alors qu’il y a un espace mioches conçu exprès pour qu’ils y hurlent sans horripiler les clients ­– et l’exaspération de votre fidèle serviteur devenant pour le moins palpable –« Putain Laura, on s’en fout que le rouge de ce canapé soit trop clair, IL EST ROUGE, alors prends le, merde ! » – vous vous résignez à commander le précieux Graal sur La Redoute.

    Grave erreur : un mois plus tard, au lieu des deux semaines convenues, votre canapé est envoyé … chez votre grand-mère.

    En Corse.

    Quant à vos tabourets de bar, si leur montant a bien été débité de votre déjà désertique compte bancaire, ils semblent avoir disparu de la surface de la terre. (Note de l’auteur : je vous déconseille vivement de commander sur La maison de Valérie).

    Si votre récente addiction à Ugly Betty vous a, un temps, fait oublier la froideur de vos tomettes, la grève des scénaristes a éveillé en vous – outre un sentiment de compassion- un total ennui et un terrible mal de cul.

     

    °°°°°


    Malgré la précarité de la situation, vous décidez de ne pas vous laisser abattre et souscrivez à une offre ADSL qui vous garantit une connexion Internet en deux semaines.

    Aparté: considérant que la souscription à l'offre en question a été faite le 4 février 2008, que nous sommes aujourd'hui le 22 avril 2008 et que le voyant ADSL de la Alice box est aussi lumineux qu'un trou du cul, pouvons-nous en conclure qu'il s'agissait de publicité mensongère ? Je ne m'abaisserai pas à répondre à cette question, mais je m'autoriserai toutefois une interjection: Alice, salope !


    Il vous faut alors trouver une occupation.

    Commencez par analyser la situation :

    Vous venez d’acquérir un superbe ensemble de couteaux IKEA.

    Le siège du MEDEF se trouve à 200 mètres de chez vous.

    Que faire ?






    March 18

    God bless the pastrami

     
     
     
    Londres, 24 janvier 2008.
    Dans sa chambre d’hôtel, Laura se tord de douleur. Sueurs froides, tremblements : tout porte à croire qu’elle a été empoisonnée.
    Sherlock Holmes est chargé de l’enquête : qui a empoisonné Laura, comment, et pourquoi ?
    Mystère et boule de gomme.
     
    La thèse du suicide est tout de suite abandonnée.
    Certes, après avoir vu le concert des Spice Girls, Laura aurait pu considérer que son but sur terre avait été atteint, et ainsi mettre fin à ses jours.
    Cependant, son testament indique qu’avant de mourir, elle projetait d’ « épouser Leonardo DiCaprio, remporter un prix nobel de chimie, un oscar et la super cagnotte d’euromillions, être nommée présidente des Etats Unis et/ou reine d’Angleterre, devenir une divinité grecque et plonger dans une piscine de sous, oui, comme l’oncle Picsou, farpaitement ».
    On peut donc convenir que l’œuvre de Laura n’est pas achevée - oui, on peut.
     
    Désemparé, Sherlock Holmes envisage toutes les possibilités :
    L’abominable secrétaire aurait-elle fait le déplacement jusqu’à Londres ? Geri Halliwell avait-elle peur d’être remplacée par Laura au sein des Spice Girls ? Laura était-elle une espionne russe opposante au régime de Vladimir Poutine ? La famille royale craignait-elle pour sa couronne ? Julia Roberts appréhendait-elle de se faire piquer Hugh ?
     
    Soudain, Sherlock aperçoit, posé sur la table de nuit, le carnet de notes de Laura. Il se plonge dans ce récit brillamment écrit en quête d’un quelconque indice …
     
     
     
    Samedi 19 janvier 2008
     
    J’accuse : la campagne de publicité visant à promouvoir l’eurostar est perfidement mensongère.
    On vous promet un train tout joli et tout neuf qui fait tchou-tchou, et vous permet un passage instantané d’un pays à un autre. 
    Instantané, déjà, je pouffe. Concernant le joli train tout neuf, tout est relatif.
    Il est neuf, comparé à une recrue de l’académie française.
     
    En revanche, je n’ai pas eu le loisir d’écouter son tchou-tchou, non.
    J’entendais mes voisins de cabine, le papa et la maman de la petite Olympia : « Thomas a 5 euros, il achète 3 billes. A 15 heures, Emilie prend le train à Lyon. Sachant que le train roule à une moyenne de 100 km/h, combien y a-t-il de litres d’eau dans la baignoire ? – Olympia, où est le complément circonstanciel de lieu dans la phrase : Hugo et son chien Tobby jouent à la balle ? – NON, Maman t’a déjà dit qu’il faut un S au pluriel, Olympia, si tu ne fais pas ton exercice, Papa va se fâcher, ATTENTION Olympia, je compte jusqu’à trois ! Unnnnnnnnnnnnn … Deuuuuux … Bon très bien, tu n’auras pas tes pépitos au goûter. »
     
    Je ne vous cache pas que cette séance de devoirs de 2h15 a réveillé en moi les stigmates du chantage au pépito que je subissais quotidiennement dans  mon enfance.
    Néanmoins, le souvenir de ce traumatisme s’est progressivement estompé tout au long de cette première journée londonienne –  notamment à la vue du rayon Polly Pocket d’Hamley’s, le plus grand magasin de jouets du monde.
     
     

         

     

     


    • Point gastronomique :
    De la même manière que l’homme préhistorique a découvert le feu, Pasteur le vaccin contre la rage et Einstein la théorie de la relativité, j’ai découvert le pastrami – chose qui m’a fait remettre à plus tard ma résolution 2008 de devenir végétarienne.
     
     

     

     
    • Point transports:
    Inutile de faire durer le suspens: je ne me perdrai pas dans le métro: il est en travaux.
    En revanche, je pressens de multiples égarements sur les lignes de bus – qui sont bien rouges, soit dit en passant (les bus, pas les lignes).
     
     

     
     
    Dimanche 20 janvier 2008
     
    Parcours type du touriste oblige, je suis allée voir Big Ben. Eh bien, saviez-vous que la visite de Big Ben n’est accordée qu’aux ressortissants anglais ? Pifou va criser.
     
     
     
     
         
     
      
     
     
    • Point démographique :
    Il n’y a pas d’Anglais à Londres : il n’y a que des français.
    Exemple :
    Moi-même:       Where is the Westminster Abbey, please ?
    La passante:    Ben, tu prends la première à droite, ensuite tu tournes à gauche au feu, et après c’est tout droit. 
     
    La journée s'est achevée sur le concert des Spice Girls: je connaissais toutes la paroles et les chorégraphies par coeur. Je n'avais pas honte. Bien entendu, cette information ne figurera pas dans mon blog.
     
     

      

     

         

                     
     
                 
     
     
     
    Lundi 21 janvier 2008
     
    Les Horses Guards sont des feignasses : je suis allée au Buckingham Palace pour faire des grimaces aux messieurs avec les grands chapeaux de Marge Simpson, sans succès :  ils sont en vacances. Je leur ferai revenir Maggie, tiens – la ministre, pas la soupe.
     
     
     

     

     
     
    • Point météorologique :
    Apprenez qu’en Angleterre, il pleut à l’horizontale. Votre parapluie devient alors totalement inutile : laissez-le à l’hôtel, et restez-y également.
     
    Pour me consoler, j’ai décidé d’aller faire du shopping chez Harrods. Excellente initiative, me direz-vous. Toutafé, vous répondrais-je. Initiative qui aurait sans doute été auréolée de succès si j’avais été riche : je n’ai été en mesure de n’acheter que des bonbons.
     
     

      

     

     

     
     
    • Point vocabulaire :
    « Bonbon » se dit  « candy ». Une personne -  dont je préserverai l’anonymat parce que j’y suis forcée -  pensait que cela se disait « kinky ».
    « Where is the kinky shop ? » se traduit alors par « Où est la boutique de pervers ? » - question très inappropriée chez Harrods, vous pensez bien.
    La personne en question s'est toutefois justifiée : « Mais ! J’ai vu ça dans un film ! ».
    Nous ne commenterons pas ses références cinématographiques, n’est ce pas.
     
     

      

     
     
    J’ai ensuite  entrepris de découvrir la gastronomie locale en goûtant aux fish and chips : immonde. Vous souvenez-vous de Valérie Lemercier qui, dans l’école des fans des nuls, disait manger « de l’huiiiiiiiiiiile » ? Pareil. 
     
     
    Mardi 22 janvier 2008
     
     
    Les fish and chips digérés, j’ai traversé le passage clouté d’Abbey Road - exercice périlleux s’il en est : il n’y a pas l’ombre d’un feu tricolore.
    J’ai donc failli me faire écraser une bonne dizaine de fois – car oui, j’ai traversé une bonne dizaine de fois, il faut bien que la photo soit correcte, et puis je vous crotte, allez vous faire photographier sur Abbey Road, puisque vous êtes si doués.
     
     

     
     
    Le passage clouté moult fois traversé, j’ai franchit le Tower Bridge, pour finalement me rendre à la City.
    L’atmosphère de travail qui y régnait m’a traumatisée, aussi ai-je fui manger des nachos au Sticky Fingers – que je vous conseille, particulièrement si vous êtes fan des Stones.
     
     
        
     
         
     
        
     
     
     
    • Point cartographique :
    Les cartes postales anglaises sont aussi indigestes que les fish and chips. Personnellement, j’ai opté pour la famille royale : so smart !
     
     
     
     
    Mercredi 23 janvier 2008
     
     
    Le goût de l’huile des fish and chips s’étant progressivement atténué, j’ai décidé de ne pas rester sur un échec et de tenter à nouveau l’expérience gastronomique anglaise, en m’initiant au Tea Time.
    Et cela s'est révélé on ne peut plus positif : la saveur des scones à la framboise restera à jamais gravée dans ma mémoire. Celle des fish and chips aussi, cela dit.
     
     
      
     
     
     
    Pour rester dans ma lancée, je suis retournée faire du shopping sur Oxford Street, et me suis offert un parapluie et des tongs, ce qui est très assorti.
    Je me suis également promenée à Chinatown, où –croyez-le ou non- il y a des chinois.
     
     
       
     

       


    • Point gastronomique :
    J’ai tenté de déterminer si le pepperoni était destiné à l’alimentation humaine ou canine. La seule manière de répondre à ma question était d’y goûter – chose que j’ai faite : c’est pour les chiens.
     
     

     
     
    Jeudi 24 janvier 2008
     
     
    Désespoir.
    Nul Hugh Grant à Notting Hill. Il n’était pas à sa librairie, ce matin. J’étais pourtant prête à me faire renverser du jus d’orange dessus.
     
     
        
     
     

     

     
    Me faisant une raison, j’ai parcouru les jardins de Buckingham, habités par d’adorables petits écureuils. J’ai bien tenté d’en capturer un pour m’en faire un animal de compagnie, mais ces petites bêtes courent très vite, et les anglais vous regardent très bizarrement.
     
     
       
     
     
     
     
    Je me suis ensuite passée devant le 10, downing street – qui, en réalité, s’avérait être le 12 – et ai fait l’impasse sur Trafalgar Square : si c’est pour voir Napoléon, autant aller à Ajaccio.
     
     
     
     
      
     
     
    Puis, réalisant que  mon voyage londonien manquait quelque peu de culture, j’ai entrepris la visite du British Museum.
     
     
       
     
       
     
     
    C’est bien connu, la culture donne faim, je suis donc allée faire quelque courses chez Somerfield, pour manger à l’hôtel. Que vous dire, sinon vous annoncer que la banane est à 1£60.
     
     
    Après avoir analysé le parcours de Laura, Sherlock Holmes répertorie tous ses achats : le bocal de bonbons de chez Harrods n’a pas été ouvert, les fish and chips digérés, le Tea Time et les nachos n’ont pas occasionné de sensations particulièrement désagréables. Restent les courses faites le 24 janvier : seuls les muffins à la myrtille ont été entamés.
     
    Immédiatement, Sherlock demande à Somerfield de lui transmettre la liste des ingrédients figurant dans la recette des muffins à la myrtille.
     
     
    Pour un muffin :
    1 litre d’huile
    600 grammes de margarine
    4 grammes de farine
    1 myrtille
     
     
     
    C’est à la lecture de cette recette que la lumière se fait dans l’esprit de Sherlock : l’estomac d’un français ne peut survivre à une telle dose de graisse. Le seul moyen susceptible de neutraliser l’huile, se répandant peu à peu dans l’organisme de Laura, est de lui faire ingérer un aliment typiquement français : une grenouille, naturellement.
     
    Le batracien est tout de suite apporté à Laura – qui, horrifiée à l’idée de manger une aussi mignonne petite bête, lui fait un bisou.
    C’est alors que la grenouille se transforme en Prince William, saute sur son cheval blanc et galope jusqu’à la pharmacie la plus proche afin de se procurer le citrate de bétaïne qui sauvera Laura d’une mort certaine. (Note de l’auteur : outre du citrate de bétaïne, Laura se verra offrir une bague Tiffany’s 45758425457 carats, merci).
     
    Ils se marièrent, adoptèrent tout plein de petits écureuils et mangèrent du pastrami jusqu’à la fin des temps – farpaitement.
     
     
     
     Fin
     
     
     
    * Pour voir les photos en grande taille, aller voir dans mes albums.
     


    March 08

    Girl Power !

     
     
     

    A l'occasion de la journée de la femme, je vous laisse savourer ces quelques délicieuses citations ...



    De même que la fourmi femelle, après la copulation, perd ses ailes, qui lui deviendraient inutiles et même dangereuses pour la période d’incubation, de même aussi, la plupart du temps, après un ou deux enfantements, la femme perd sa beauté, sans doute pour la même raison. […] Que toute femme soit par nature destinée à obéir, la preuve en est que toute femme placée en situation de complète indépendance, ce qui n’est pas naturel pour elle, s’attache aussitôt à n’importe quel homme par qui elle se laisse diriger et dominer, parce qu’elle a besoin d’un maître ; si elle est jeune, elle prend un amant. Si elle est vieille, un père confesseur. 

    Schopenhauer.

     

    Si les femmes étaient, de par la nature, les égales des hommes, si, en force de caractère et intelligence (constituants essentiels de la puissance, et par conséquent, du droit des humains) les femmes se distinguaient au même degré que les hommes, l’expérience politique le proclamerait bien !

    Spinoza.

     

    Toute l’éducation des femmes doit être relative aux hommes. Leur plaire, leur être utiles, se faire aimer et honorer d’eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, leur rendre la vie agréable et douce : voilà les devoirs des femmes dans tous les temps, et ce qu’on doit leur apprendre dans leur enfance.

    Rousseau.

     

    Si on donne à la petite fille le choix entre les jouets, elle choisira certainement des miniatures d’ustensiles de cuisine et de ménage. C’est un instinct naturel,, le pressentiment d’un devoir que la femme aura à remplir. La femme doit nourrir l’homme. […] La femme, c’est la maison, mais c’est aussi l’église et le confessionnal.

    Michelet.

     

    Il y a un principe bon qui crée l’ordre, la lumière et l’homme. Il y a un principe mauvais qui crée le chaos, les ténèbres et la femme.

    Pythagore.




    Depuis, on a inventé le jeu
    Girl Power

    ^^




    http://img215.imageshack.us/img215/8927/powerpuffgalscc9.jpg

     
     
     
     

     
     

    January 17

    London, here I am !

     

     

    Je pars pour des vacances de très bon goût, et vous en laisse un aperçu ...

     

     

     

     

    (J'ai réussi à mettre une photo !!!)

    Pobablement très prochainement: mes mésaventures londoniennes.

     

     

    January 07

    Colonna ce sera toi au bout de trois !



    Durant tout ce mois de janvier, je vous propose de revenir sur quelques évènements ayant marqué l'année 2007 ...


    13 décembre 2007: la condamnation d'Yvan Colonna


    Malgré l’évidence de la culpabilité d’Yvan Colonna, certains continuent à penser que ce corsopithèque est innocent …

    Il est donc de mon devoir de citoyenne – désormais métropolitaine, et, par conséquent, civilisée – de leur prouver qu’ils ont tort.

    Voici donc 15 bonnes raisons destinées à vous convaincre qu’Yvan Colonna est l’assassin du préfet Erignac :


    1. Colonna a pris la fuite. Si on fuit, c’est qu’on est coupable. Sinon, pourquoi fuir ?
    2. Ses complices l’ont dénoncé lors d’un interrogatoire tout ce qu’il y a de plus formel.
    3. Il a été nationaliste dans les années 80. Nous lui accordons tout de même que la cagoule, c'était moins moche que la coupe de cheveux de Georges Michael.
    4. Son fils s’appelle Ghjuvan Battista. Mon premier est imprononçable, mon second est un dictateur, et mon tout ne sonne pas très français.
    5. Il mange du fromage avec des vers dedans. 
    6. Tout le monde pense que c’est lui. Yvan Colonna, pas le fromage.
    7. S’il était innocent, il ne serait pas en prison à l’heure qu’il est.
    8. Dans les années 80 toujours, il aurait encouragé Francis Lalanne à faire de la musique. Et c'est bien plus terrible que la coupe de cheveux de Georges Michael, ou qu'un fromage.
    9. Les Corses sont les rois des alibis.
    10. Il a de la barbe et une boucle d’oreille : ça fait mauvais genre.
    11. Le 3 juin 1974, il aurait été aperçu à Marseille, près d’une champignonnière. Il était vêtu d’un pull-over rouge.
    12. Il garde des chèvres dans une montagne et tue ses ânes pour en faire des saucissons. Vous conviendrez tout de même qu'il s'agit là de curieuses coutumes.
    13. On a retrouvé les empreintes digitales de Colonna sur le poignard ayant servi à assassiner Henri IV. Le ministère de la justice songe à réhabiliter Ravaillac.
    14. A l’annonce de sa condamnation, Colonna a dit « un pienghite micca », qui veut dire « J’ai appuyé sur la détente et ai  tiré trois coups de feu dans la tête du préfet  parce qu’il était le représentant de l’Etat français, que j’exècre, comme tous les français, d’ailleurs. Je profite également de l’occasion pour faire une annonce : je vend ma Fiat Uno blanche, je ne l’ai conduite qu’une fois, c’était le 30 août 1997, dans le tunnel de l’Alma ».
    15. Il a mangé la petite Maddy. Avec du fromage.

     

     

    ATTENTION :

     

    Dans cette liste se cachent deux citations d’un chef d’Etat et une phrase attribuée à l’ex-patron de la division nationale antiterroriste. Sauras-tu reconnaître lesquelles ?

    Chaque gagnant remportera un caillou, qu'il pourra jeter sur Yvan Colonna lors de sa lapidation publique !




    December 21

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous payée n°9

     

     

    Je tenais, avant de clore cette délicieuse période de ma vie qu’a été mon stage, à adresser un message de solidarité à Pauline, ma copine stagiaire.

     

     

    Car je ne suis pas la seule à avoir eu affaire à la vermine, ce qui est tout de même rassurant.

    Si j’ai eu droit à l’abominable secrétaire, Pauline a été confrontée à la méchante moche qui - comme l’étymologie de son sobriquet nous l’indique - est méchante, et moche.

     

     

    Lors d’un repas que toute l’équipe prenait en commun – à l’exception de ceux dont l’échelon social était trop élevé pour leur permettre de se mêler à la basse populasse- la méchante moche a demandé à Pauline d’aller lui acheter du pain.

    Pendant ce temps, je tentais de me dissimuler derrière une canette d’Ice Tea, exercice périlleux s’il en est. 

     

    Seulement, il s’agissait d’une boulangerie bien spécifique, la brioche dorée s’avérant trop vulgaire pour les délicates papilles de la méchante moche. 

    Et cette même boulangerie était « en bas de la rue, tu tournes à droite, après 500 mètres tu prends à gauche, et ensuite c’est à 20 mètres après le feu », enfin, nous n’avons absolument rien compris, en dehors du fait que c'était loin.

    Exaspérée à l’idée de répéter ses indications, la méchante moche s’en est allée, telle une furie, acheter son pain – qui était succulent, accordons lui tout de même cela.

    Car oui, nous lui avons bouffé tout son pain, sans vergogne aucune.

     

     

    Plus tard dans l’après midi, au coin d’un couloir, Pauline a eu la malchance de croiser la méchante moche, qui lui a lancé une phrase perfide : « Dans la vie, il faut apprendre à s’écraser ».

    Alors oui, Pauline aurait pu lui dire que la seule chose qui les différenciait était le fait que l’une était stagiaire, l’autre salariée.

    En dehors de ça, la méchante moche était pourvue de jambes et de bras : sa fonction professionnelle ne nuisait donc pas à sa capacité d’acheter du pain.

    Oui, Pauline aurait pu lui dire que dans la vie, il ne faut jamais s'écraser, et encore moins à la pause déjeuner.

    Oui, mais seulement, la seule pensée qui traversait l’esprit de Pauline à cet instant précis se résumait à un mot – mot que je ne citerai pas, mais je peux vous dire qu’il commençait par SAL et finissait par OPE.

     

     

    S’il y a une évidente injustice sociale ici, on peut dire que le stage de Pauline s’est achevé sur une note de justice divine : elle s’est trouvée à moins de 2 millimètres de Dominic Purcell, alias Lincoln Burrows.

     

     

    Dans cette même logique, et sachant que mon évaluation de fin de stage ne comporte quasiment que des mentions « passable » ; ainsi que l’appréciation « Quelques difficultés avec le respect de la hiérarchie (!) et un manque d’initiative et de disponibilité » - une bonne note en perspective – j’attend de pied ferme mon week-end romantique avec Leonardo DiCaprio.  

     


     

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    En attendant Wentworth ... Coeur rouge



    December 11

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous-payée n°8

     

     

    J’ai donc trouvé un appart.

    Pour faire bref, il fait 25m², il n’y a pas de moquette, ni de papier peint – dieu merci – et la salle de bains est pourvue d’une baignoire que j’affectionne moins que la feu douche-pluie de Pigalle, mais me permet toutefois de jouir pleinement de mes trucs qui font des bulles de chez Sephora, plouf.

    Il est situé dans le 7ème arrondissement : j’envisage, par conséquent, de m’intégrer à mon nouvel environnement culturel en m’habillant comme Bree Van De Kamp – si vous espérez d’éventuelles photos, vous pouvez toujours courir.

     

     

    On aurait pu croire que j’avais finalement atteint le bout du tunnel. Oui, on aurait pu.

    Mais ce serait faire abstraction du fait que ma vie est une interminable succession d’échecs – pleurez : mon appart est vide.

    J’entends par là qu’il n’y a absolument RIEN : ni frigo, ni four, ni vaisselle, ni meubles. Et c’est dans des moments pareils que l’on prend pleinement conscience de l’importance d’une fourchette.

     

     

    La Tv ne captant rien et les portables n'ayant pas de réseau, je me suis vue dans l’obligation d’adopter des habitudes de vie ascétiques. L’absence de biens matériels m’a permis d’accéder au domaine spirituel : oui, j’ai réfléchi.  

    J’ai repensé à ce long chemin de croix qu’avait été cette quête d’appartement : les agents immobiliers véreux – « je vous assure que ce n’est pas de moisissure que vous voyez sur le plafond » – et les moquettes pathogènes resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

     

     

    Mais j’ai surtout pris conscience de la suprême souveraineté du capitalisme lorsque je me suis surprise à penser « 670 euros par mois pour un 25m², c’est pas cher ».

    En bonne étudiante, je me suis demandée quels auraient été les sentiments de Che Guevara concernant les prix de l’immobilier parisien. Il aurait été révolté, naturellement.

    Mais bon. Cette feignasse de Che Guevara n’a jamais eu à se loger à Paris, que je sache.

    Et puis Che Guevara, comme référence, ça va quand on habite dans le 18ème ou dans la Pampa.

    Moi, j’habite dans le 7ème.  Fichtre.

     
     

    December 03

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous-payée n°7

     

     

     

    Il vous faut savoir que le matin, je suis très irritable.

    En réalité, vous n’avez pas vraiment besoin de le savoir, mais que doit-on savoir, que doit-on ne pas savoir, que sait-on, bref, le matin, je fais la gueule.

    Quitter ma douce couette qui sent bon pour le métro moche qui pue relève du supplice.

     

    Et la réquisition de ma station de métro par des politiciens ponctuant leurs discours de « Guy Môquet » dans le but de récupérer des électeurs gauchistes n’améliore pas mon humeur.

    En constatant que le rouge coco original des posters avait été remplacé par un splendide bleu UMP, je suis devenue verte (notez la virtuosité du jeu de mots).

     

    Au vu de mon énervement pour le moins palpable, j’ai consulté mon horoscope afin de m’informer sur le profil de la personne que j’allais assassiner dans la journée.

    Mais pas de meurtre annoncé pour les Verseaux, non. Plutôt une prédiction qui m’a glacée d’effroi :

     

    Travail : Soyez moins conservateur, ouvrez vous aux idées nouvelles.

     

    Tout en convenant que j’aurais mieux fait d’être Capricorne – Libérez-vous des contraintes inutiles, offrez vous des moments de détente – je m’inquiétais concernant la teneur de « l’idée nouvelle ».

    Allait-on me demander de photocopier la Bible en 450 exemplaires ? Devrais-je relier La Redoute ? Serai-je contrainte de préparer un Osso Bucco à l’abominable secrétaire ?

    Non, rien de tout cela.

     

    Refreinant une véritable explosion de joie, j’ai appris que je devais livrer un colis à … Lille.

    Au début, j’ai cru à une blague : je me suis mise à pouffer « Hihihi t’es con, genre pour 300 euros par mois je vais me tirer à Lille hihihi ».

    Voyant que mon interlocutrice ne pouffait, mais alors pas du tout, je m’en suis allée dans mon coin de couloir et ai entrepris de me transformer en machine à café Senseo.

     

    J’étais intimement convaincue que je pouvais le faire.

    Oui, je savais que mon sang deviendrai du café, ma tête un bec verseur, mon cerveau une dosette et ma peau de l’inox vert pomme.

     

    J’étais sur le point d’y parvenir lorsque j’ai été coupée dans mon élan : l’abominable secrétaire voulait que je lui photocopie son abominable dossier en 28 exemplaires.

    Ma métamorphose a alors été interrompue au stade de la cervelle dosette.

    Et cette transformation est irréversible. Cela étant, ça n’a pas altéré ma capacité à photocopier.

     

    Ma cervelle-dosette et moi-même sommes ensuite parties pour Lille, afin de déposer la cassette d’un téléfilm que France 3 diffusera, et que nous ne regarderons pas.

    Nous étions ravies.

     

     

     

    November 22

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous-payée n°6

     

     

     

    Cet aprèm, j’ai trouvé L’APPART, et ce uniquement grâce au destin : je passe dans une rue, je vois un très bel immeuble, j’aperçois un homme au portail, je lui demande s’il est agent immobilier, il me dit que oui, je lui demande s’il fait visiter, il me dit que oui, je visite, c’est tropmagnifiquetropbeautropchertropjolitropbien, je laisse un dossier.

     

     

    Il y a :

    -         une cour intérieure dans laquelle je pourrais planter des petites fleurs jolies.

    -         Une méga cuisine dans laquelle je pourrais faire de méga gâteaux.

    -         Un évier vasque en inox trop classe – tellement classe qu’il est impossible d’y faire entrer une assiette – mais classe au demeurant.

    -          890 euros de frais d’agence.

    -         UNE DOUCHE PLUIE : le pommeau de douche EST le plafond. Je meurs.

     

     

    La patience ne faisant pas partie de mes qualités – pourtant très nombreuses, j’ai harcelé l’agent immobilier pour savoir si mon dossier avait été retenu … pour apprendre que l’appartement serait finalement destiné à quelqu’un d’autre.

     

     

    Sentant les larmes me monter aux yeux, je me suis réfugiée dans le premier lieu qui m’ouvrait ses portes.

    Le destin voulut que ce soit une boutique Séphora, et le hasard fit que je trouvai instantanément à mon bras un panier tout plein de trucs qui font des bulles pour le bain.

    J'ai alors pris conscience de deux éléments fondamentaux dans la vie – la mienne, plus précisément :

    Tout d’abord, que mes déceptions immobilières allaient encore être nombreuses.

    Ensuite, que l’acquisition de trucs qui font des bulles pour le bain remontait mon moral d’une manière considérable.

     

     

    C’est alors que je l’ai aperçue : la solution à mes problèmes, la réponse à mes questions, le réconfort de mes déceptions, le moyen d’accéder au bonheur.

    Posée sur un présentoir semblable à un trône, auréolée par la lumière céleste des néons roses, elle s’offrait à moi dans toute sa grandeur :

    la carte de fidélité Sephora.

     
     
    November 14

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous-payée n°5

     
     
     

    Dans le métro, un mec affreux en jogging bleu canard-wc, dont le pantalon remontait jusqu’aux aisselles et qui semblait ignorer en tout point ce qu'est un flacon de pouss mouss (en témoignaient les multiples strates de crasse se fossilisant sous ses ongles) –bref, un mec affreux, a essayé de se frotter contre toutes les filles du wagon.

    Miam.

     

     

    J’ai visité un appart dont la moquette, de par ses diverses tâches, témoignait des passages successifs de l’ensemble des locataires depuis 1930.

    Miam.

     

     

    J’ai lu un scénario dans lequel Marcelline, centenaire, se découvre une homosexualité tardive et se tripotte la figoulette en pensant à sa copine Simone.

    Miam.

     

     

    A la pause déjeuner, j’ai longuement hésité entre deux options : arriver à l’heure au bureau, ou manger un dessert.Apres une intense réflexion d’une durée approximative de 3 secondes 5 dixièmes, j’ai commandé une tarte aux framboises et au chocolat noir.

    Miam.

     

     

     

     

     

    November 05

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous-payée n°4

     

         

     

    Aujourd'hui ...

     

    A peine ma fesse gauche avait-elle effleuré mon fauteuil que l’abominable secrétaire s’est ruée sur moi. Elle avait besoin que j’aille lui acheter des bols à soupe. Oui. Des bols à soupe.

    J’ai donc fait le deuil de mon fauteuil tout chaud pour aller me cailler les miches par -50°C, pour des bols à soupe – oui, des bols à soupe.

     

    Révoltée par ce profond manque de respect à l’égard des stagiaires, j’ai décidé de ne plus rien faire de la journée.

     

       

    J’ai donc médité quelques heures durant, pour en arriver à prendre une initiative on ne peut plus enthousiasmante : j’ai décidé d’aller voir le concert des Spice Girls à Londres – initiative enthousiasmante à un point tel que je me suis levée un samedi matin pour acheter les tickets.

    Non, je rigole. La vente débutait à 14 heures.

     

     

    Du coup, j’ai été très occupée à la planification de mon voyage en Angleterre- voyage dont la durée est subitement passée d’un week-end à six jours. Hihihi.

    Après consultation du guide du routard – habilement dissimulé entre les pages d’un séquencier PBLV – et de divers sites de voyages, j’ai établi une liste provisoire de mes projets londoniens :

       

     

    Liste provisoire de mes projets londoniens – donc :

     

    -         Traverser le passage clouté d’Abbey Road.

    -         Apprendre les chorés des Spice Girls par cœur.

    -         Téléphoner depuis une cabine téléphonique rouge.

    -         Boire un thé avec Elisabeth II (ou III ?!).

    -         Faire le tour de la ville dans un gros bus rouge.

    -         Ne pas mourir de froid.

    -         Manger un pudding avec Mary Popins.

     

     

     

    Et c’est durant l’élaboration de cette liste que l’abominable secrétaire est venue me demander de porter son courrier à la Poste.

     

    What a fucking bitch.