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    December 21

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous payée n°9

     

     

    Je tenais, avant de clore cette délicieuse période de ma vie qu’a été mon stage, à adresser un message de solidarité à Pauline, ma copine stagiaire.

     

     

    Car je ne suis pas la seule à avoir eu affaire à la vermine, ce qui est tout de même rassurant.

    Si j’ai eu droit à l’abominable secrétaire, Pauline a été confrontée à la méchante moche qui - comme l’étymologie de son sobriquet nous l’indique - est méchante, et moche.

     

     

    Lors d’un repas que toute l’équipe prenait en commun – à l’exception de ceux dont l’échelon social était trop élevé pour leur permettre de se mêler à la basse populasse- la méchante moche a demandé à Pauline d’aller lui acheter du pain.

    Pendant ce temps, je tentais de me dissimuler derrière une canette d’Ice Tea, exercice périlleux s’il en est. 

     

    Seulement, il s’agissait d’une boulangerie bien spécifique, la brioche dorée s’avérant trop vulgaire pour les délicates papilles de la méchante moche. 

    Et cette même boulangerie était « en bas de la rue, tu tournes à droite, après 500 mètres tu prends à gauche, et ensuite c’est à 20 mètres après le feu », enfin, nous n’avons absolument rien compris, en dehors du fait que c'était loin.

    Exaspérée à l’idée de répéter ses indications, la méchante moche s’en est allée, telle une furie, acheter son pain – qui était succulent, accordons lui tout de même cela.

    Car oui, nous lui avons bouffé tout son pain, sans vergogne aucune.

     

     

    Plus tard dans l’après midi, au coin d’un couloir, Pauline a eu la malchance de croiser la méchante moche, qui lui a lancé une phrase perfide : « Dans la vie, il faut apprendre à s’écraser ».

    Alors oui, Pauline aurait pu lui dire que la seule chose qui les différenciait était le fait que l’une était stagiaire, l’autre salariée.

    En dehors de ça, la méchante moche était pourvue de jambes et de bras : sa fonction professionnelle ne nuisait donc pas à sa capacité d’acheter du pain.

    Oui, Pauline aurait pu lui dire que dans la vie, il ne faut jamais s'écraser, et encore moins à la pause déjeuner.

    Oui, mais seulement, la seule pensée qui traversait l’esprit de Pauline à cet instant précis se résumait à un mot – mot que je ne citerai pas, mais je peux vous dire qu’il commençait par SAL et finissait par OPE.

     

     

    S’il y a une évidente injustice sociale ici, on peut dire que le stage de Pauline s’est achevé sur une note de justice divine : elle s’est trouvée à moins de 2 millimètres de Dominic Purcell, alias Lincoln Burrows.

     

     

    Dans cette même logique, et sachant que mon évaluation de fin de stage ne comporte quasiment que des mentions « passable » ; ainsi que l’appréciation « Quelques difficultés avec le respect de la hiérarchie (!) et un manque d’initiative et de disponibilité » - une bonne note en perspective – j’attend de pied ferme mon week-end romantique avec Leonardo DiCaprio.  

     


     

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    En attendant Wentworth ... Coeur rouge



    December 11

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous-payée n°8

     

     

    J’ai donc trouvé un appart.

    Pour faire bref, il fait 25m², il n’y a pas de moquette, ni de papier peint – dieu merci – et la salle de bains est pourvue d’une baignoire que j’affectionne moins que la feu douche-pluie de Pigalle, mais me permet toutefois de jouir pleinement de mes trucs qui font des bulles de chez Sephora, plouf.

    Il est situé dans le 7ème arrondissement : j’envisage, par conséquent, de m’intégrer à mon nouvel environnement culturel en m’habillant comme Bree Van De Kamp – si vous espérez d’éventuelles photos, vous pouvez toujours courir.

     

     

    On aurait pu croire que j’avais finalement atteint le bout du tunnel. Oui, on aurait pu.

    Mais ce serait faire abstraction du fait que ma vie est une interminable succession d’échecs – pleurez : mon appart est vide.

    J’entends par là qu’il n’y a absolument RIEN : ni frigo, ni four, ni vaisselle, ni meubles. Et c’est dans des moments pareils que l’on prend pleinement conscience de l’importance d’une fourchette.

     

     

    La Tv ne captant rien et les portables n'ayant pas de réseau, je me suis vue dans l’obligation d’adopter des habitudes de vie ascétiques. L’absence de biens matériels m’a permis d’accéder au domaine spirituel : oui, j’ai réfléchi.  

    J’ai repensé à ce long chemin de croix qu’avait été cette quête d’appartement : les agents immobiliers véreux – « je vous assure que ce n’est pas de moisissure que vous voyez sur le plafond » – et les moquettes pathogènes resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

     

     

    Mais j’ai surtout pris conscience de la suprême souveraineté du capitalisme lorsque je me suis surprise à penser « 670 euros par mois pour un 25m², c’est pas cher ».

    En bonne étudiante, je me suis demandée quels auraient été les sentiments de Che Guevara concernant les prix de l’immobilier parisien. Il aurait été révolté, naturellement.

    Mais bon. Cette feignasse de Che Guevara n’a jamais eu à se loger à Paris, que je sache.

    Et puis Che Guevara, comme référence, ça va quand on habite dans le 18ème ou dans la Pampa.

    Moi, j’habite dans le 7ème.  Fichtre.

     
     

    December 03

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous-payée n°7

     

     

     

    Il vous faut savoir que le matin, je suis très irritable.

    En réalité, vous n’avez pas vraiment besoin de le savoir, mais que doit-on savoir, que doit-on ne pas savoir, que sait-on, bref, le matin, je fais la gueule.

    Quitter ma douce couette qui sent bon pour le métro moche qui pue relève du supplice.

     

    Et la réquisition de ma station de métro par des politiciens ponctuant leurs discours de « Guy Môquet » dans le but de récupérer des électeurs gauchistes n’améliore pas mon humeur.

    En constatant que le rouge coco original des posters avait été remplacé par un splendide bleu UMP, je suis devenue verte (notez la virtuosité du jeu de mots).

     

    Au vu de mon énervement pour le moins palpable, j’ai consulté mon horoscope afin de m’informer sur le profil de la personne que j’allais assassiner dans la journée.

    Mais pas de meurtre annoncé pour les Verseaux, non. Plutôt une prédiction qui m’a glacée d’effroi :

     

    Travail : Soyez moins conservateur, ouvrez vous aux idées nouvelles.

     

    Tout en convenant que j’aurais mieux fait d’être Capricorne – Libérez-vous des contraintes inutiles, offrez vous des moments de détente – je m’inquiétais concernant la teneur de « l’idée nouvelle ».

    Allait-on me demander de photocopier la Bible en 450 exemplaires ? Devrais-je relier La Redoute ? Serai-je contrainte de préparer un Osso Bucco à l’abominable secrétaire ?

    Non, rien de tout cela.

     

    Refreinant une véritable explosion de joie, j’ai appris que je devais livrer un colis à … Lille.

    Au début, j’ai cru à une blague : je me suis mise à pouffer « Hihihi t’es con, genre pour 300 euros par mois je vais me tirer à Lille hihihi ».

    Voyant que mon interlocutrice ne pouffait, mais alors pas du tout, je m’en suis allée dans mon coin de couloir et ai entrepris de me transformer en machine à café Senseo.

     

    J’étais intimement convaincue que je pouvais le faire.

    Oui, je savais que mon sang deviendrai du café, ma tête un bec verseur, mon cerveau une dosette et ma peau de l’inox vert pomme.

     

    J’étais sur le point d’y parvenir lorsque j’ai été coupée dans mon élan : l’abominable secrétaire voulait que je lui photocopie son abominable dossier en 28 exemplaires.

    Ma métamorphose a alors été interrompue au stade de la cervelle dosette.

    Et cette transformation est irréversible. Cela étant, ça n’a pas altéré ma capacité à photocopier.

     

    Ma cervelle-dosette et moi-même sommes ensuite parties pour Lille, afin de déposer la cassette d’un téléfilm que France 3 diffusera, et que nous ne regarderons pas.

    Nous étions ravies.

     

     

     

    November 22

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous-payée n°6

     

     

     

    Cet aprèm, j’ai trouvé L’APPART, et ce uniquement grâce au destin : je passe dans une rue, je vois un très bel immeuble, j’aperçois un homme au portail, je lui demande s’il est agent immobilier, il me dit que oui, je lui demande s’il fait visiter, il me dit que oui, je visite, c’est tropmagnifiquetropbeautropchertropjolitropbien, je laisse un dossier.

     

     

    Il y a :

    -         une cour intérieure dans laquelle je pourrais planter des petites fleurs jolies.

    -         Une méga cuisine dans laquelle je pourrais faire de méga gâteaux.

    -         Un évier vasque en inox trop classe – tellement classe qu’il est impossible d’y faire entrer une assiette – mais classe au demeurant.

    -          890 euros de frais d’agence.

    -         UNE DOUCHE PLUIE : le pommeau de douche EST le plafond. Je meurs.

     

     

    La patience ne faisant pas partie de mes qualités – pourtant très nombreuses, j’ai harcelé l’agent immobilier pour savoir si mon dossier avait été retenu … pour apprendre que l’appartement serait finalement destiné à quelqu’un d’autre.

     

     

    Sentant les larmes me monter aux yeux, je me suis réfugiée dans le premier lieu qui m’ouvrait ses portes.

    Le destin voulut que ce soit une boutique Séphora, et le hasard fit que je trouvai instantanément à mon bras un panier tout plein de trucs qui font des bulles pour le bain.

    J'ai alors pris conscience de deux éléments fondamentaux dans la vie – la mienne, plus précisément :

    Tout d’abord, que mes déceptions immobilières allaient encore être nombreuses.

    Ensuite, que l’acquisition de trucs qui font des bulles pour le bain remontait mon moral d’une manière considérable.

     

     

    C’est alors que je l’ai aperçue : la solution à mes problèmes, la réponse à mes questions, le réconfort de mes déceptions, le moyen d’accéder au bonheur.

    Posée sur un présentoir semblable à un trône, auréolée par la lumière céleste des néons roses, elle s’offrait à moi dans toute sa grandeur :

    la carte de fidélité Sephora.

     
     
    November 14

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous-payée n°5

     
     
     

    Dans le métro, un mec affreux en jogging bleu canard-wc, dont le pantalon remontait jusqu’aux aisselles et qui semblait ignorer en tout point ce qu'est un flacon de pouss mouss (en témoignaient les multiples strates de crasse se fossilisant sous ses ongles) –bref, un mec affreux, a essayé de se frotter contre toutes les filles du wagon.

    Miam.

     

     

    J’ai visité un appart dont la moquette, de par ses diverses tâches, témoignait des passages successifs de l’ensemble des locataires depuis 1930.

    Miam.

     

     

    J’ai lu un scénario dans lequel Marcelline, centenaire, se découvre une homosexualité tardive et se tripotte la figoulette en pensant à sa copine Simone.

    Miam.

     

     

    A la pause déjeuner, j’ai longuement hésité entre deux options : arriver à l’heure au bureau, ou manger un dessert.Apres une intense réflexion d’une durée approximative de 3 secondes 5 dixièmes, j’ai commandé une tarte aux framboises et au chocolat noir.

    Miam.

     

     

     

     

     

    November 05

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous-payée n°4

     

         

     

    Aujourd'hui ...

     

    A peine ma fesse gauche avait-elle effleuré mon fauteuil que l’abominable secrétaire s’est ruée sur moi. Elle avait besoin que j’aille lui acheter des bols à soupe. Oui. Des bols à soupe.

    J’ai donc fait le deuil de mon fauteuil tout chaud pour aller me cailler les miches par -50°C, pour des bols à soupe – oui, des bols à soupe.

     

    Révoltée par ce profond manque de respect à l’égard des stagiaires, j’ai décidé de ne plus rien faire de la journée.

     

       

    J’ai donc médité quelques heures durant, pour en arriver à prendre une initiative on ne peut plus enthousiasmante : j’ai décidé d’aller voir le concert des Spice Girls à Londres – initiative enthousiasmante à un point tel que je me suis levée un samedi matin pour acheter les tickets.

    Non, je rigole. La vente débutait à 14 heures.

     

     

    Du coup, j’ai été très occupée à la planification de mon voyage en Angleterre- voyage dont la durée est subitement passée d’un week-end à six jours. Hihihi.

    Après consultation du guide du routard – habilement dissimulé entre les pages d’un séquencier PBLV – et de divers sites de voyages, j’ai établi une liste provisoire de mes projets londoniens :

       

     

    Liste provisoire de mes projets londoniens – donc :

     

    -         Traverser le passage clouté d’Abbey Road.

    -         Apprendre les chorés des Spice Girls par cœur.

    -         Téléphoner depuis une cabine téléphonique rouge.

    -         Boire un thé avec Elisabeth II (ou III ?!).

    -         Faire le tour de la ville dans un gros bus rouge.

    -         Ne pas mourir de froid.

    -         Manger un pudding avec Mary Popins.

     

     

     

    Et c’est durant l’élaboration de cette liste que l’abominable secrétaire est venue me demander de porter son courrier à la Poste.

     

    What a fucking bitch.

     

     

     

     

    October 30

    Journal d'une stagiaire terribelement paresseuse et scandaleusement sous-payée n°3

     

       

       

    Je ne me suis pas perdue dans le métro : Il n’y avait pas de métro.

    Je hais la RATP.

     

    Du coup, j’ai marché 1h30 pour visiter un appartement. Appartement auquel l’agent immobilier n’avait pas jugé utile de se rendre, à cause de la même grève.

    Je hais les agents immobiliers.

     

     

    L’abominable secrétaire m’a fait déplacer les meubles de son bureau.

    Je hais l’abominable secrétaire.

     

     

    Discussion du repas de midi – extraits choisis:

     

    Salarié 1 :         Tu t’appelles comment ? Laora ?

    Salarié 2 :         C’est bizarre comme prénom. On peut t’appeler Lora hein, c’est plus simple.

    Salarié 3 :         Ouais, toi tu t’appelles Laora, et moi je m’appelle Flaorent ! 

    Salarié 4 :         Et ça vient d’où, Laora ? Ah, de Corse.

    Salariée 5 :       Oh, ben tu vas nous plastiquer alors !!!

    Salarié 6 :         Et ton nom de famille, c’est quoi ? Paoli ?

    Salarié 7 :         Oh, comme Pascal Paoli !

    Salariée 8 :       C’est qui, Pascal Paoli ? Un mafieux ? 

    Salarié 7 :         Ben t’es allée en Corse cet été, t’aurais pu te renseigner.

    Salariée 8:        Si je suis allée en Corse, c’était certainement pas pour les Corses ! 

     

    Je songe à leur parler de l’omerta.

    Je hais les cons.

     
     
     
     
    October 24

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous payée n°2

     

     

       

    Aujourd’hui, j’ai découvert que les galeries Lafayette étaient situées à moins de 500 mètres de mon bureau.

    La tentation de fuir a considérablement crû.  

     

    A ce propos, vous ai-je déjà parlé de mon bureau ?

    On m’a casée dans un coin de couloir, entre deux armoires. J’en suis devenue claustrophobe, à un tel point que je ne supporte plus les cols roulés.

     

     

     

    Je ne me suis pas sentie moins à l’étroit dans l’appartement que j’ai visité en début d’après midi.

    Il était - comme l’annonce l’indiquait – fonctionnel, et pour cause : je pouvais me doucher, cuisiner et passer l’aspirateur dans le salon, en même temps et sans me déplacer d’un iota.

    « Et puis bon euh, c’est sûr, 17m² c’est petit, mais bon, c’est pas cher 650 euros, c’est limite cadeau dans ce quartier hein ! ».

    Ah, bon, si c’est cadeau, alors. Merci, hein.

     

     

     

    Par ailleurs, je crois avoir découvert un réseau terroriste se développant au sein des entreprises, et gangrenant sournoisement notre société afin de déclencher la fin du monde: les secrétaires. (Car oui, il y en a ici aussi, argh – cf. le billet Secrétaires, cerbères).

    Au bureau, il y en a une qui est particulièrement abominable – et c’est la raison pour laquelle nous l’appellerons l’abominable secrétaire.

     

     

    L’abominable secrétaire, donc, remarquant que j’étais toute petite, toute timide et toute gentille (SI, je suis gentille !) a entrepris d’en tirer profit.

    Aussi me demande-t-elle sans arrêt de lui relier ses dossiers moches, ce qui me gonfle prodigieusement.

    Et si – par malheur - le dossier moche en question n’est pas relié dans la minute, elle s’empresse d’aller le répéter à ma supérieure – un seul mot me vient à la bouche : quelle salope.

     

    J’ai longuement réfléchi à un projet d’assassinat sur sa personne, mais n’ayant pas d’appartement – ni, par conséquent, de congélateur - je me vois dans l’incapacité de dissimuler le corps. Je me consacre donc actuellement au sabotage de la relieuse.

    Moins risqué, mais tout aussi efficace.

     

     

     

    Nous conclurons par la phrase du jour, dont l’auteur est l’un des producteurs de Plus belle la vie :

    « Le dernier Scorcese, c’est une vraie merde. »

    Je pouffe.

     

     

     

    October 19

    Journal d'une stagiaire terriblement paresseuse et scandaleusement sous-payée n°1

     

     

    Partant d’excellentes intentions et de réelles motivations professionnelles – je déconne – je m’étais jurée de ne pas utiliser Internet à des fins personnelles, et de ne mettre à jour mon blog qu’après obtention d’un appartement et d’un opérateur téléphonique.

     

     

    Mais, en deux semaines, j’ai eu le temps de prendre pleinement conscience de la situation : d’après mes estimations, j’ai davantage de chances de remporter la super cagnotte d’euromillons que de trouver un appartement et un fournisseur Internet convenables.

    Et une fois millionnaire, je me payerai un nègre.

    Par conséquent, je ne pourrais pas vous faire profiter de ma fabuleuse expérience de stagiaire, ce qui serait, je vous l’assure, du gâchis.

     

     

    J’ai donc décidé de rédiger mon journal de stagiaire.

    Tout d’abord parce que le fait que cet exercice se rapproche quelque peu d’un rapport de stage – en plus marrant, et en plus vrai – me permet de déculpabiliser, et – surtout - parce que je m’emmerde comme un rat mort.

     

     

    Jour 1.

     

     

    Me voici donc, en parfaite working girl, la démarche dynamique, les épaules fièrement dressées, le regard assuré et le chignon serré, entrant triomphalement dans mon bureau personnel, et imposant ainsi le respect à mes nouveaux collègues.

    Ma journée fut on ne peu plus enrichissante : je me suis délectée des lectures du prochain scénario de Woody Allen et d’un projet inédit et inachevé d’Alfred Hitchcock.

     

     

    Je déconne.

     

    En fait, j’ai pleuré pendant vingt minutes parce que je ne voulais pas me lever, ce qui a empiété sur mon temps de coiffage et de maquillage. Je suis donc partie, super moche et à la bourre, je me suis perdue, je boitai parce que c’était la première fois depuis cinq bons mois que je mettais des chaussures, je suis restée bloquée une demi heure dans l’ascenseur et j’ai lu un pilote de série truffé de fautes d’orthographe et ayant pour thème les maisons d’hôtes en Bretagne.

     

    C’était pas très chouette.