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    March 13

    Petit exercice amusant n°1

     
     
     
    Après 7432389 pots de Hagen Dasz engloutis, me voilà de retour avec un petit jeu pour vous: un atelier d'écriture.
    J'ai fait ça en première année et j'ai trouvé ces exercices assez amusants, alors je vous les propose à vous aussi.
     
    Le sujet: il s'agit de réecrire le texte thème à la manière d'un auteur de votre choix (de littérature, de chanson, de scénarios, enfin, ce que vous voulez), sans dire qui c'est (comme ça on doit devnier).
    Et on me fait ça vite et bien !
     
     
    Le texte thème:

    Un jour vers midi, sur la plate-forme arrière d'un autobus de la ligne S, j'aperçus un homme au cou trop long qui portait un chapeau entouré d'un galon tressé au lieu d'un ruban. Soudain, il interpella son voisin en prétendant que celui-ci faisait exprès de lui marcher sur les pieds chaque fois que montaient ou descendaient des voyageurs. Il abandonna vite la discussion pour se jeter sur une place libre.

    Deux heures plus tard, je le revis devant la gare Saint-Lazare en grande conversation avec un ami qui lui conseillait de diminuer l'échancrure de son pardessus en remontant le bouton du haut.

     

    Voici ma version, dont vous devez donc deviner l'auteur, en attendant les votres !

     

    Il est midi. Je crois qu'il fait chaud. Il fait chaud. Un homme entre dans l'autobus de Trouville-sur-mer.

    Je me souviens de lui.

    Il est jeune et beau. Il a un très long cou. c'est un chinois. chinois. Ce n’est pas un blanc. Il porte un chapeau de feutre mou entouré d'un galon tressé. Cela lui va bien. On ne saurait l’imaginer autrement. On ne saurait l'imaginer autrement que ce qu'il est.

    Il est avec une fille. Elle est jeune. Très jeune. C’est une jeune fille blanche.

    Il la regarde. Elle le voit. Ils se regardent.

    C'est visible, il est nerveux. Il se tait tout d'abord. Puis il parle. Il dit:

     

    -" Chaque fois qu'un passager monte dans l'autobus, tu m'écrases les pieds. Je le sais.

    Elle tourne la tête. Elle regarde la route. Elle répond:

    -oui. c'est moi. Tu le sais bien. c'est moi.

    -Je le sais depuis toujours. Arrête.

    -Tu ne me comprends pas. Tu ne me comprendras sans doute jamais. Tu ne m'aimes pas. Tu me tues. Tais toi. Eloigne-toi de moi."

    Il soupire. Il voit qu'une place se libère. Il va vers elle. Il s’assied.

     

    Il est quatorze heures. Il fait toujours chaud. Sur le quai de la gare saint Lazare, je vois le chinois de l'autobus. Il est perdu au milieu des voyageurs. Perdu, mais majestueux. Il est avec un autre homme. Un homme blanc. Ils parlent.

    l' homme lui dit:

    -"tu as vu ta veste ?

    -Oui. Je l’ai vue.

    -Ne mens pas. Tu n'as rien vu. Rien.

    -Non. c'est vrai.

    -Bien. Tu dois remonter le bouton du haut de ta veste. Il le faut.

    -Pourquoi ?

    -Pourquoi pas ?

    Il insiste.

    - dis-moi pourquoi ?

    -Pour diminuer l'échancrure du col. c'est plus joli.

    -c'est possible. Oui. Je le crois. « 

    il ne savait plus quoi lui dire. Puis, il le lui dit.

    Il lui dit qu’il n’oublierait jamais, qu’il ne pourrait jamais oublier, qu’il ne pourrait jamais plus laisser son pardessus déboutonné comme avant. Parce que maintenant il savait. Il savait que c’était tellement plus joli.